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Communauté suisse de travail PCS

EDITORIAL PCS News 22, février 96

LES NOUVELLES CLASSIFICATIONS SONT ARRIVÉES !

par Jean-Claude Rey

L'une des clés de voûte de la nouvelle statistique sanitaire suisse est la statistique médicale. Celle-ci se compose de la CIM-10 pour les diagnostics et de la classification suisse des opérations (CH-OP), adaptée de l'ICD-9-CM, vol. 3. La seconde est maintenant disponible dans les trois langues auprès de l'Office fédéral de la statistique1.

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, selon le proverbe, la brochure décrivant ces classifications est sortie de presse en décembre pour être distribuée à tous les médecins hospitaliers2 du pays par les administrations sanitaires cantonales.

Si la classification des diagnostics (CIM-10) est déjà disponible dans les 3 langues nationales, on peut cependant regretter que l'OMS n'ait pas encore produit l'index pour la langue française. Ceci faciliterait bien la tâche de ceux qui veulent l'intégrer dans les systèmes informatiques en particulier.

En ce qui concerne la seconde, la classification suisse des opérations (CH-OP), elle est maintenant disponible en français, allemand et italien en sa version 0 auprès de l'Office fédéral de la statistique. C'est en effet après des travaux considérables que le groupe de travail mandaté par la Commission suisse de statistiques sanitaires - conduit conjointement par la VESKA et l' IUMSP/Lausanne - a pu mener à bien cette lourde, mais indispensable tâche, tout particulièrement grâce à la coopération de très nombreux médecins de diverses spécialités. La communauté sanitaire suisse leur en sait gré, et les remercie très vivement.

Les classifications étant maintenant disponibles, comment les implanter, quel projet mettre en route pour que cette implantation se fasse dans les meilleures conditions? Une première partie de réponse est donnée par les deux guides coproduits l'automne passé par la CST/PCS3.

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Pour compléter cette première information, PCS News a interviewé pour vous un spécialiste, le Dr Robert Rash, qui a introduit ces classifications en Grande-Bretagne et dans le projet pilote zurichois. Les réponses qu'il apporte éclairent les grandes options que chacun doit prendre dans son établissement afin que les classifications soient introduites avec efficacité.

Une fois les classifications saisies, leur utilisation dépend principalement du cadre dans lequel fonctionne l'hôpital, autant sur le plan interne qu'externe, et ce cadre est souvent fixé par des dispositions et une organisation qui diffèrent de canton à canton. Il est dès lors difficile de donner des règles générales applicables à tous.

Par contre, des enseignements utiles peuvent être tirés des résultats d'expériences des systèmes de classification des patients de divers pays, qu'a relatés PCS News au cours des années écoulées; de même et en particulier au travers des exemples traités par la dernière conférence de travail PCS/Europe: les résumés des présentations sont accessibles par Internet4.

Wolfram Fischer en a résumé quelques-unes concernant les DRG dans son article intitulé " la famille DRG ".

Du côté de la pratique, le Centre hospitalier universitaire vaudois, à Lausanne, a introduit au 1er janvier 1996 la nouvelle classification suisse des opérations. Selon le Guide de mise en oeuvre à l'usage des hôpitaux, pour réussir, toute introduction devrait obéir à un plan bien établi et impliquant à l'avance tous ceux que cela concerne dans l'établissement. Il semble que tel a effectivement été le cas, des séances d'information ayant déjà débuté plus de 6 mois auparavant.

Les nouvelles classifications seront en particulier capitales pour que les nouveaux modes de financement envisagés dans le cadre de la LAMal collent au plus près à la réalité. En effet, leur pouvoir descriptif est essentiel, afin que les forfaits par pathologie qu'envisagent un certain nombre de caisses-maladies comme mode de remboursement correspondent à la réalité économique de l'hôpital. Meilleure sera la classification, et plus adéquates seront les ressources. Or, on peut déjà entrevoir quelques utilisations de classifications dans les cantons qui saisissent les statistiques médicales depuis plusieurs années, en particulier le canton de Vaud, où le GHRV (groupement des hôpitaux régionaux vaudois), qui gère désormais l'enveloppe globale concernant ses membres, alloue une partie croissante chaque année de ce budget selon le casemix des établissements. Cette allocation de ressources correspond donc année après année beaucoup mieux à l'activité réelle des établissements, telle que décrite par les classifications.

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C'est également sur la base des données économiques par groupes de pathologie que les 14 caisses-maladies réunies dans la conférence suisse d'assureurs maladie et accident (COSAMA), a basé, entre autre, son choix d'établissements pour constituer son organisation de prestataires préférés (rappelant les PPO, Preferred Provider Organisations, américaines), pour l'hospitalisation privée. Pour le choix des établissements, leur performance5 pour diverses pathologies sélectionnées a constitué l'un des critères. Il est désormais probable que des caisses-maladies de plus en plus nombreuses décident de leur remboursement sur base des coûts par pathologies plutôt que par forfaits journaliers, profitant des nouvelles perspectives que leur offre la LaMal.

Ceci devrait contribuer à instaurer de plus en plus une régulation par l'information, cette régulation étant probablement la moins inéquitable pour les établissements.

  1. Dr. Thomas Spuhler, Office fédéral de la statistique, Schwarztorstr. 96, Berne
  2. rédigée par le Dr Christiane Garin et produite par l'ISP pour le groupe de travail "statistiques" du GCI
  3. guide d'introduction à la CIM-10, conversion de la CIM-9 à la CIM-10
  4. http://www.bazis.nl/research-dept/camirema/Welcome.html
  5. performance = qualité/coût

 

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