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par Jean-Claude Rey
Au moment où se mettent en oeuvre en Suisse les nouvelles statistiques médicales, qui seront suivies par les nouvelles statistiques administratives comprenant une comptabilité analytique par patient, il faut se poser la question des avantages qu'en retirera l'hôpital. Question complémentaire, est-ce que ces dispositions seront suffisantes ou faudra-t-il que l'hôpital les complète ?
Le rôle de l'information à l'hôpital est de plus en plus reconnu. En France, l'introduction dans tous les hôpitaux d'un directeur de l'information médicale (DIM) - un médecin -en est un exemple, qui donne déjà des résultats intéressants. Autre exemple: le système d'information qui s'est mis en place a permis de déterminer les coûts par DRG français, ainsi que les composants de ces coûts (honoraires, plateau technique, etc.).
Pour évoquer la puissance d'un bon système d'information hospitalière, nous avons retenu un exemple frappant, évoqué parmis beaucoup d'autres lors de la conférence récente des directeurs de l'information médicale des hôpitaux américains (AHIMA).
Les tableaux et graphiques résument le processus suivi, la richesse de l'information et la puissance de cette information pour modifier les comportements:
Le comité de l'hôpital de notre exemple constate qu'après des années d'exercice bénéficiaire, il se trouve dans les chiffres rouges. Il mandate alors son directeur de l'information médicale de débusquer le ou les problèmes.
Celui-ci réunit toutes les informations disponibles. Repère quels sont les médecins les plus "productifs" pour l'hôpital (l'hôpital est un hôpital ouvert, comme très souvent aux USA), repère également quelles sont les affections les plus fréquentes grâce aux DRG, met en évidence celles avec lesquelles il gagne de l'argent (où ses coûts sont moins élevés que le remboursement du payeur), identifie ceux sur lesquels l'hôpital perd de l'argent, constate que c'est avant tout dans un secteur où l'activité croit très rapidement, la pose de pace-maker, domaine dans lequel opère un chirurgien connu, une des "stars" de l'hôpital. Il dissèque alors les coûts constitutifs des interventions, les compare avec ceux d'autres hôpitaux (bench marking) du groupe, et constate que les prix payés pour les pace-makers posés dépassent considérablement la moyenne des autres.
Il en réfère au comité de l'hôpital qui l'autorise, au vu du sérieux de ces données, d'en discuter avec le chirurgien concerné. Celui-ci résoud immédiatement le problème, dont il n'avait pas conscience, en décidant de s'approvisionner chez un autre fournisseur, moins cher à qualité égale. Et le comité peut à nouveau envisager des résultats annuels bénéficiaires.
Question complémentaire, les dispositions prises au niveau fédéral seront-elles suffisantes pour doter l'hôpital d'un système d'information aussi peformant. La réponse est qu'il faudra plus d'information interne ainsi que l'illustre le tableau de bord utilisé dans l'exemple décrit ci-dessus.
Si un certain nombre d'éléments de cet exemple ne s'appliquent pas sans autre à la Suisse, il n'en reste pas moins qu'ils préfigurent probablement la situation à venir induite par les dispositions de la nouvelle LAMal. Celle-ci introduit en effet suffisamment de concurrence entre les établissements, probablement largement utilisée par les caisses-maladie, pour que ces derniers trouvent intérêt à préparer rapidement un système d'information hospitalier performant pour faire face à des questions de ce type.
Jean-Claude Rey