Revues PCS News

Autres publicationsN°33N°32N°31N°30N°29N°28N°27N°26N°25N°24N°23N°22N°21 |

 
 

Deutsche Version

EDITORIAL PCS News 21,
Novembre 1995

 

LES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION (TI)
INFLUENCERONT LE SECTEUR SANITAIRE

par Jean-Claude Rey

 

Les hôpitaux suisses ont reçu récemment de l'Office fédéral de la statistique le concept retenu pour le système suisse d'information sanitaire. Sur cette base, fondée par la loi fédérale sur la statistique, de même que sur les dispositions de la LAMal, va se construire un nouveau système d'information, encore inédit en Suisse, qui fera appel très largement aux technologies de l'information.

Qu'est-ce que cela veut dire concrètement pour les différents partenaires du système, les hôpitaux, les médecins, les gestionnaires, les services de santé publique cantonaux, etc. ?

Si la question est difficile, quelques exemples permettent d'esquisser des éléments de réponse:

l'information immédiate: elle existe déjà dans les banques de données de documentation, telles celles de DOKDI, ou des centres de documentation de l'ISP ou d'autres serveurs en Suisse, ou sur le Vidéotexte, pour ne citer que quelques exemples. Les utilisateurs doivent y être connectés, et ils y ont le plus souvent payé un droit d'accès ou une redevance variable selon le temps de consultation.

L'irruption d'Internet dans ce système plutôt fermé - et d'accès complexe - modifie complètement la situation: désormais toute personne disposant d'un ordinateur équipé d'un modem peut accéder au réseau Internet, et y trouver des centaines de millions d'informations, y compris dans son secteur.

Par exemple, en ce qui concerne les systèmes de classifications des patients, on y trouve la liste des DRG australiens, constamment tenue à jour.

L'HCFA (Health Care Financing Administration, administration américaine qui gère le système Medicare), qui publie la classification ICD-9-CM, projette d'en mettre les révisions annuelles sur Internet. Elles pourront ainsi être téléchargées.

On peut également y mettre de l'information, en y branchant son propre serveur, permettant ainsi une actualisation permanente, à mesure que l'on actualise ses propres dossiers. Ainsi, PCS-Europe - l'association regroupant tous les spécialistes européens en la matière - a-t-elle décidé de mettre sur Internet toutes les communications scientifiques de ses quatre dernières conférences annuelles.

On peut également utiliser cet accès privilégié à l'information pour faire du " bench marking ", en se comparant avec ses pairs. Un projet est à l'étude pour promouvoir la qualité dans les EMS en mettant sur un serveur quelques données qualitatives comparables de chacun.

A un niveau plus anecdotique, un jeune médecin dans sa voiture - à l'arrêt - "surfait" sur Internet grâce à son portable couplé à son Natel.

Le traitement immédiat des données: tous les hôpitaux suisses vont saisir bientôt les statistiques médicales selon des classifications internationalement reconnues. Première conséquence, des logiciels pourront être utilisés pour un traitement immédiat de l'information. Les affections et les opérations pourront être codées grâce à un logiciel d'aide au codage, puis être groupées par un logiciel de groupage, selon les objectifs de l'hôpital. De plus en plus, on trouve sur le marché des logiciels intégrés, composés à la fois de modules d'aide au codage et de groupage, qui fournissent aussi de véritables tableaux de bord pour la conduite de l'hôpital, surtout s'ils sont également liés à la comptabilité analytique. Plusieurs de ces logiciels seront présents le 17 novembre à l'Inselspital, dans l'exposition qui accompagnera la conférence de la Communauté suisse de travail PCS, intitulée: "Statistiques hospitalières et systèmes de classification des patients: quels potentiels ?". En effet, à ce jour, 22 exposants ont annoncé leur participation.

Le développement des télécommunications permet également d'envisager des progrès considérables dans la télémédecine.

En France, des généralistes décrivent sur le Minitel les diagnostics rencontrés sur lesquels ils ont besoin de compléments d'information, et reçoivent rapidement les réponses et commentaires des professeurs de médecine qui par ailleurs utilisent ces cas dans le cadre de leur enseignement. Une fois interconnectés, la consultation pourrait être mondiale.

Au Japon, des médecins de catastrophe sont équipés de caméras haute définition, transmettant par satellite les images des victimes aux centres hospitaliers, qui peuvent en direct indiquer les traitements conservateurs les plus appropriés.

Une chance à saisir pour les petits hôpitaux menacés?

Les personnes âgées pourront rester plus longtemps dans leur domicile grâce à la 'maison intelligente' et bénéficier d'une assistance meilleure grâce à la télésurveillance. Cette dernière facilitera aussi grandement l'hospitalisation à domicile.

Ce ne sont là que des exemples isolés, mais qui montrent que probablement les développements technologiques en matière d'information révolutionneront encore plus le monde sanitaire que toutes les lois et règlementations.

Pour les systèmes de classification des patients, les développements en cours nous paraissent particulièrement bénéfiques, en particulier parce qu'ils permettront un traitement de l'information de plus en plus rapide et performant, sur le site même de la saisie de cette information. L'information pourra alors être vraiment utilisée et sa qualité s'améliorera rapidement. Ceci permettra une meilleure gestion du changement, ce qui devrait contribuer à l'amélioration de la performance de tout le système de santé.

Jean-Claude Rey

Haut de page